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Légendes du Demi-fond

S'il y a bien une légende du demi-fond aux Etats-Unis, il s'agit bien de Steve Prefontaine. Parfois méconnu en Europe, son parcours mérite d'être retracé pour expliquer tout l'engouement qu'il a suscité et qu'il suscite toujours outre-atlantique, et ce plus de trente ans après sa disparition tragique.

 

Coureur prédisposé pour les longues distances mais surtout très travailleur, l'histoire du « Pre » comme on le surnomme, prend un tournant lorsqu'il rentre à l'université de l'Oregon. Il rencontre alors son entraîneur Bill Bowerman, qui a co-fondé en 1964 la Blue Ribbon Sport, connue plus tard comme la fameuse marque à la virgule, Nike. Bowerman est ausi un de ceux qui a importé de la Nouvelle-Zélande le concept du jogging aux Etats-Unis pour lutter contre la sédentarité et le surpoids.

La carrière universitaire de Steve Prefontaine sera ponctuée par 3 titres de champion NCAA (championnats universitaires américains très réputés) de cross country et de 4 titres de champion sur 3miles/5000mètres.

 

Sa façon de courir ne laissait déjà pas indifférente alors qu'il n'avait pas encore vingt ans. Il avait pour habitude de partir seul devant pour n'être pratiquement jamais rejoint. Son style agressif, toujours à fond et avec une détermination sans faille provoque l'admiration du public américain. Pour lui, « ne pas aller au fond de soi, c'est un peu renier son talent ». Ses supporters reprenaient en cœur des « Pre! Pre! Pre! » en portant des T-shirts floqués de « LEGEND » alors que les supporters des universités adverses affichaient des « STOP PRE ». Il fait alors à 19 ans la Une du célebrissime « Sports Illustrated » avec pour titre : « Le prodige américain de la course à pied ». La légende est en marche...

 

En 1972, il participe aux Jeux Olympiques de Munich alors qu'il n'a que 21 ans. En finale du 5000 mètres, après 3 kilomètres à allure peu soutenue (8'20''2), Prefontaine emballe le rythme de la course. L'allure passe brusquement de 68''-69'' au tour à 62''5, 61''2, puis 60''3. Encore à la lutte au 150m avec Lasse Viren et Mohammed Gammoudi, il se fait sortir du podium dans les 15 derniers mètres par le britannique Ian Stewart. Peut-être paye-t-il là sa fougue, et son inexpérience internationale face à des champions tels que Lasse Viren.

   


Il promet alors de prendre sa revanche aux JO de Montréal en 1976, malgré quelques soucis avec l'Amateur Athletic Union (la fédération américaine), qui interdit encore les primes d'engagement. Il dénoncera ce système, mais restera malgré tout concentré sur son objectif. En 1975, alors qu'il est au sommet de sa forme, son destin bascule tragiquement.

 

Le 30 mai 1975, Steve Prefontaine perd la vie dans un accident de voiture, au volant de sa décapotable (MGB), sur le Skyline Boulevard non loin du campus de l'université de l'Oregon. Le Eugene Register-Guard titrait, au lendemain de sa mort, « The end of an era » (la fin d'une ère). A 24 ans, le « Pre » avait déjà laissé son emprunte dans l'histoire de l'athlétisme américain, par son style, son courage, sa détermination, sa rage de vaincre, son côté rebelle et sa foulée majestueuse. C'est d'ailleurs grâce à lui que beaucoup de gens se sont mis à courir, après que Bowerman est importé le jogging en Amérique.

Steve Prefontaine a détenu tous les records des Etats-Unis du 2000m au 10 000m. De toute sa carrière il a gagné 128 des 153 auxquelles il a participé, soit un pourcentage de victoire de 78%. Il courrait pour le Oregon Track Club, devenu en partie grâce à lui un des clubs mythiques des Etats-Unis et il n'est pas rare de trouver ce maillot sur les épaules d'athlètes sur des grands meetings internationaux. Un meeting international porte d'ailleurs son nom à Eugene. Chaque année, en mai ou en juin la Prefontaine Track Classic attire les tous meilleurs athlètes du monde entier, mais également de nombreux spectateurs.

De nombreux fans participent début septembre à la Prefontaine Memorial Run qui parcourt ses chemins d'entrainement à Coos Bay et se termine sur la piste de son lycée où il disputa ses premières compétitions. De même un mémorial (The Pre's Rock) se trouve là où il trouva la mort et de nombreux coureurs continuent à lui rendre hommage en laissant médailles, dossards ou paires de chaussures.

 

Plus qu'un coureur, Steve Prefontaine se considérait comme un artiste. « Certaines personnes créent avec des mots, de la musique ou avec un pinceau et de la peinture. Moi quand je cours, j'aime que cela ressemble à quelque chose de beau. J'aime interpeller les gens et qu'il disent ensuite : « Tiens je n'ai jamais vu quelqu'un courir ainsi ». Chez moi, la course à pied c'est plus que de la course, c'est un style. C'est faire quelque chose de mieux qu'un autre. C'est être créatif ». « Une course c'est une œuvre d'art qui peut toucher les gens en fonction de leur sensibilité ».


Il a également été une source d'inspiration pour la littérature et le cinéma. On peut citer les films « Prefontaine » (1997, très bonnes critiques) et « Without limits » (1998, plus porté sur le rôle d'entraîneur de Bowerman).

 

Prefontaine s'est aussi exprimer sur le côté masochiste de la course à pied : « Beaucoup de gens courent pour voir qui est le plus rapide. Moi, je cours d'abord pour voir qui a le plus de tripes, qui peut se punir en menant un train d'enfer et se punir encore plus en allant jusqu'au bout ».

 

Ses principaux records personnels :

1500m : 3'38''1
Mile : 3'54''6
3000m : 7'42''6
5000m : 13'21''87
10 000m : 27'43''6


 

Malgré l'absence de titre majeur dans son palmarès, c'est pour tout cela, que le « Pre » est devenu un mythe de la course à pied, et pas seulement aux Etats-Unis...

 

Mercredi 2 septembre 2009
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Sebastian Coe est un de ces athlètes qui a marqué l'histoire de l'athlétisme, en améliorant pas moins de 11 records mondiaux (dont 8 en outdoor) sur les distances du 800m, 1000m, 1500m et du mile. Le britannique est le seul athlète à avoir été double champion olympique du 1500 mètres, mais le titre du 800 mètres lui a toujours échappé...


Sebastian Coe voit le jour le 29 septembre 1956 à Chiswick près de Londres. Il prend sa première licence d'athlétisme à l'age de douze ans et remporte dès lors de nombreux cross nationaux et des compétitions sur piste. Il est entrainé par son père, Peter, ancien coureur cycliste amateur, qui le prépare dans la plus pure tradition britannique. N'ayant que peu de connaissances athlétiques pour entrainer son fils, il lit beaucoup d'ouvrages sur le demi-fond et consulte préparateurs physiques et médecins. Sebastian travaille alors principalement sa technique de course et sa vitesse de pointe car Peter est persuadé que la vitesse est un point clé en demi-fond. Son père sera d'ailleurs son entraineur pendant toute sa carrière et cette complicité n'est sans doute pas étrangère à sa réussite.


Champion du Royaume-Uni sur 1500 mètres en cadet et en junior, son ascension est progressive. 3ème des championnats d'Europe junior sur 1500m (1975), il remporte en 1977 son premier titre majeur aux championnats d'Europe Indoor à San Sebastian, en Espagne. L'année suivante, aux championnats d'Europe à Prague, il termine troisième d'une finale d'anthologie. Sebastian Coe imprime un rythme époustouflant à la course en passant à la cloche en 49''32 puis en 1'16''2 au 600m. Coude à coude avec Steve Ovett, l'autre étoile montante du demi-fond britannique, à l'entrée de la dernière ligne droite, il termine finalement 3e alors que l'Est-Allemand Olaf Beyer l'emporte en 1'43''84 (retrouvez la vidéo de la course ici). Son panache laisse pressentir une très belle carrière...


Sebastian Coe

L'été 1979 aura été une saison faste pour le jeune Sebastian. En l'espace de 42 jours, il devient le premier athlète à cumuler les records mondiaux du 800 mètres (1'42''33 à Oslo), du 1500 mètres (3''32''03 à Zurich) et du mile (3'48''95 à Oslo). Il efface des tablettes le cubain Alberto Juantoreina sur le 800 mètres, en pulvérisant le record de plus d'une seconde (1'43''44). Cette course au record continue en 1980, sur 1000 mètres, lorsque le britannique devient recordman du monde en 2'13''40 à Oslo. Sebastian Coe devient alors l'unique coureur de l'histoire à détenir simultanément les références mondiales sur 800m, 1000m, 1500m et 1 mile, et cela pendant seulement une heure... puisque son rival Steve Ovett, à Oslo lui aussi, grignote quinze centièmes sur les 3'48''95 de Sebastian.


Jeux Olympiques de Moscou, 1980. Le duel tant attendu par tout le Royaume-Uni. Qui de Sebastian Coe ou de Steve Ovett, tous deux en forme olympique, va remporter le titre sur 800 mètres ? Les deux « frères ennemis » se sont sans cesse évités depuis les championnats d'Europe de 1978... Le duel tourne à l'avantage de Steve Ovett qui l'emporte devant Sebastian Coe. Trop loin à l'entrée de la dernière ligne droite, il avouera : « au fond, la course est simple : il y a eu un coureur meilleur que moi, c'est lui qu'il faut féliciter ». La première manche revient à Ovett, mais la revanche est pour... Coe. Six jours plus tard, Sebastian court d'une toute autre manière. Après sa défaite du 800m, il regarde plusieurs fois la vidéo de sa course et l'analyse avec son père : « je me suis rendu compte que ce n'était pas ma vitesse pure qui était en cause mais ma tactique. Je me suis dit que, si je partais à égalité avec Ovett, dans les cents derniers mètres, je pouvais terminer plus vite que lui. » Appliquant la consigne à la lettre, Coe ne lache pas Ovett d'une semelle et laisse parler sa pointe de vitesse dans une dernière ligne droite de folie (12''1). Il se console ainsi de la plus belle des manières, même « s '[il] aurait préférer la médaille d'or du 800m. »


Finale du 800m des JO de 1980, remportée par Steve Ovett devant Sebastian Coe

Sa meilleure année est sans contestation, l'année 1981. Un véritable chef d'oeuvre. Premier record du monde, celui du 800m indoor en 1'46''0 en février à Cosford. Le second, celui du 800m outdoor est époustouflant : 1'41''73 ! Premier homme en 1'42, il devient également le premier en 1'41, à Florence en juin. Temps de passage 49”7 à la cloche et 1'15'' au 600m, le lièvre étant le Kenyan Billy Konchellah, futur champion du monde du 800m en 1987 et 1991. Ce record tiendra plus de 16 ans, avant que le danois, d'origine kenyane, Wilson Kipketer ne le batte (1'41''11) en 1997. Un mois plus tard, son propre record mondial du 1000m ne lui résistera pas : 2'12''18. Sur 800 et 1000m, il va ainsi plus vite de 1''7 que tous ces concurrents. Doté d'une pointe de vitesse hors du commun, il parcourt la dernière ligne droite de son 800m de la Coupe d'Europe en 11''3, ce qui constitue un record, non officiel. Il améliore également deux fois le record du mile pour le porter à 3’47”33.


Les trois génies du demi-fond britanniques : Steve Ovett, Steve Cram et Sebastian Coe (dans gauche à droite)

Le trio magique du demi-fond britannique : (de gauche à droite) Steve Ovett, Steve Cram (premier homme sous les 3'30 au 1500m) et Sebastian Coe


En 1982, à peine remis d'une fracture de fatigue, Coe termine deuxième du 800 mètres des championnats d'Europe à Athènes. L'année suivante, il doit surmonter une crise de toxoplasmie qui l'oblige à plusieurs séjours à l'hôpital, malgré un hiver prometteur (record du monde indoor du 800m en 1'44''91 et du 1000m en 2'18''58). Les médias et les spécialistes le croient fini pour le plus haut niveau. Mais en 1984 lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, il fait taire les critiques en obtenant une inespérée médaille d'argent sur 800m derrière le brézilien Joachim Cruz. Sur le 1500 mètres, on attendait plutôt les trois « Steve », les deux britaniques, Ovett et Cram, et l'américain Scott, mais c'est Sebastian Coe qui signe un large succès en 3'32''53. Le seul demi-fondeur de l'histoire à avoir remporter deux médailles d'or sur 1500 mètres, s'en va défier les journalistes britanniques : « Qui disait que j'étais finis ? ». Il n'aura malheureusement pas la chance de défendre son titre à Séoul en 1988, puisque les sélectionneurs britanniques ne lui ont pas fait confiance et cela malgré un record porté à 3'29''77 en 1986. Pour le plaisir, il relève également le fameux défi du “Certamen de Caius” avec Steve Cram qui consiste à parcourir les 371 m de la cour intérieure du Collège de Cambridge avant que les douze coups de midi retentissent (environ 46 secondes), scène rendu célèbre par le film les Chariots de feu.


Retrouvez une vidéo qui résume sa carrière


Sebastian Coe ou plus précisément Lord Sebastian Coe s'est ensuite engagé en politique après s'être retiré des pistes en 1989. Le britannique s'était déjà démarqué en ne suivant pas les consignes de boycott de Margaret Thatcher pour les JO de Moscou. Il est élu député conservateur à la Chambre des Communes de 1992 à 1997 et membre du CIO. Sebastian Coe a également beaucoup œuvré pour le succès de la candidature de Londres pour les JO de 2012. «Pour réussir, il faut croire constamment à ce que l'on fait ; seule compte la persévérence. Si l'on n'a pas la volonté de réussir, on perd son temps, même avec le meilleur entraîneur du monde».


Retrouvez un magnifique extrait des Chariots de Feu

Lundi 13 juillet 2009
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Nous sommes heureux de vous présenter une nouvelle rubrique que nous allons développer dans notre blog.
Il s'agit d'une rubrique consacrée aux légendes du demi-fond. Notre objectif sera de vous faire découvrir ou redécouvrir les champions qui ont marqué l'histoire. Un nouvel athlète, ou évènement, sera mis à l'honneur chaque mois dans un article le plus complet possible.

Sommaire :
Août : Sebastian Coe
Septembre : Steve Prefontaine

Jeudi 9 juillet 2009
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