Première édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ)

Publié le par Demi-fondu74,

Jeux Olympiques Jeunesse singapour 2010

Photo de Alphonsus Chern

 

Un vent de fraicheur a soufflé sur le mouvement olympique grâce aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), premiers du genre, à Singapour. Du 14 au 26 août, de jeunes athlètes de moins de 18 ans ont concouru dans 26 sports. Ce qui a frappé le président du CIO Jacques Rogge, c’est l’enthousiasme et la bonne humeur de cette jeunesse olympique qui rêve de participer aux jeux olympiques de Rio de Janeiro 2016. Rogge était l’un de ceux qui avait lancé le Festival Olympique de la Jeunesse Européenne (FOJE) en 1991. Cette fois-ci les JOJ ont une dimension mondiale et cette première édition a été scrutée avec beaucoup d’attention. Des innovations ont été apportées, notamment au basket-ball. Les équipes sont constituées de 3 joueurs et doivent scorer… dans un même panier. Une sorte de basket de rue spectaculaire qui permet de développer un jeu très rapide. Ce serait un véritable succès selon la FIBA, fédération international du basket-ball.


           Ces JOJ sont peut-être aussi l’occasion de voir de futurs talents qui pourrait éclore à l’avenir. On pense évidemment à un jamaïcain de 15 ans que beaucoup voient comme le successeur du grand Usain Bolt, rien que ça ! Il faut dire qu’à 15 ans et 358 jours, Audane Skeen a remporté haut la main le 100m dans le chrono de 10’’42 (+0,1m/s). Côté athlétisme tricolore, les filles ont réalisé des performances de grande qualité et même plus que ça. Avec deux médailles d’or et une d’argent, les filles ont hissé haut les couleurs de la France et montrent que l’athlétisme français féminin a de la relève.


Alexia Sedykh perpétue la tradition familiale en devenant championne olympique de la jeunesse au lancer du marteau. Lors du protocole de remise des médailles, son père Yuriy Sedikh, recordman du monde du marteau, ne peut s’empêcher de l’embrasser. C’est qu’Alexia est bien entourée pour devenir une future très grande lanceuse. Outre son père champion du marteau, sa mère est elle aussi détentrice d’un record du monde, celui du lancer du poids. Yuriy Sedikh et Natalya Lisovskaya ont concouru pour l’union soviétique dans les années 80 mais vivent désormais à Paris et Alexia est française. La victoire à Singapour n’a pas été simple pour Alexia Sedykh à cause d’une aire de lancer rendue très glissante par les conditions climatiques. A son troisième essai elle envoie son marteau à 59m09 et l’emporte. Yuriy, son père et entraîneur résume : « La pluie, le plateau glissant, tout ça était déstabilisant. Le temps qu’il faisait durant la compétition n’a pas été anticipé comme il fallait par les organisateurs. C’est une chance qu’elle ait pu l’emporter sur un seul essai. Aujourd’hui Alexia est capable de lancer à 62, 63m. Je dis : "Merci les Dieux". C’est un moment très sensible. Je n’avais jamais imaginé que cela arriverait. C’était très émotionnel. Mon pays natal c’est la Russie, mais ça fait 20 ans que je suis en France, que je travaille pour la France. Alexia est née en France et en a pris le meilleur. J’ai la double nationalité, mais durant cette cérémonie, lors des hymnes, je me suis senti comme Français. J’ai donné tout ce que je sais à Alexia pour la France. C’est vraiment un plaisir pour moi. »

alexia sedykh marteauPhoto de Liao Yujie

 

Aurélie Chaboudez, arrivée avec le dixième temps des engagées sur 400 mètres haies, parvient en finale à battre le record de France cadette en 58’’41. Partie vite au couloir 5, gérant son second virage, elle s’envole dans la dernière ligne droite pour décrocher le titre olympique de la jeunesse. Aurélie qui avait pour objectif de rentrer en finale A a fait bien mieux que ça. « C’est énorme il n’y a pas d’autres mots. Ce n’était pas mon objectif mais un rêve. »


            La dernière médaille française, qui aurait aussi pu être dorée, est à mettre à l’actif de la porte drapeau tricolore Sokhna Gallé. Au triple saut, elle prend l’avantage avec un saut de 13m04 mais la suédoise Khadijatou Sagnia fera mieux qu’elle, avec 13m56. Sokhna voulait l’or : « Je voulais faire mieux, mais je n’ai pas réussi, c’est comme ça. Je suis dégoutée. Cela ne sert à rien de venir à Singapour pour faire des sauts que je fais toutes les semaines ». La suédoise aurait quand même été dure à aller chercher au vu du record personnel de Sokhna à 13m34.


            Autre satisfaction française, en demi-fond. L’iséroise Nina Habold remporte la finale B du 2000m steeple en 6’51’’05, synonyme de record de France cadette. Dommage qu’en série Nina échoue à six dixièmes de la finale A car ce chrono de 6’51 aurait pu lui permettre de prendre la quatrième place de la finale A.


            La première édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Singapour a réuni 3600 athlètes et semble avoir été une grande réussite, l’esprit olympique ayant été respecté mais sensiblement rajeuni. Les chinois sortent grands vainqueurs de ces jeux avec plus de vingt médailles d’or au tableau des médailles. Ils seront sûrement encore meilleurs en 2014 lors des JOJ de Nankin en Chine. Quant aux prochains JOJ, ce seront ceux d’hiver en 2012 à Innsbruck en Autriche, déjà été siège par deux fois des Jeux d’hiver en 1964 et 1976.

 

 

De magnifiques photos sur Flickr libres de droits ici.

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