Le « lièvre » en athlétisme, analysé par Manuel Schotté

Publié le par Demi-fondu74,

bernard lagat 5000m melbourne

Bernard Lagat suit le lièvre de la course lors du 5000m du meeting de Melbourne de 2011


Les lièvres en athlétisme, plus particulièrement dans le demi-fond et dans le fond, font désormais partie intégrante des meetings qu’ils soient internationaux ou même régionaux.  Bien que les premiers lièvres aient fait leur apparition dès 1930 avec Séraphin Martin (recordman du monde du 800m en 1’50’’6 en 1928) et Jean Keller pour le record mondial de Jules Ladoumègue (3’49’’2 au 1500m), la généralisation des lièvres s’est institutionnalisée qu’à partir des années 1980 avec la professionnalisation de l’athlétisme.

Manuel Schotté, maître de conférence à l’université de Lille 2, propose une analyse sociologique du rôle de lièvre en athlétisme dans son étude intitulé Le « lièvre » en athlétisme. Publié dans le numéro 37, La Joie de servir, de la revue Agone en 2007, il livre une analyse très intéressante.

 

Retrouvez le résumé de son texte :

Le rôle de « lièvre » consiste à favoriser la performance d’un champion en l’« emmenant » en début de course. S’il existe de longue date sous la forme de services rendus entre coureurs, il s’est institutionnalisé à compter des années 1980, quand l’athlétisme est devenu officiellement professionnel. Dans un contexte qui voit triompher un mode de structuration privé basé sur la mise en spectacle des prestations compétitives, apparaissent des coureurs qui se spécialisent dans cette tâche. Ces conditions d’émergence et les débats qui les entourent permettent de mettre en évidence que la question de la servitude volontaire se pose avec une acuité particulière en athlétisme.

 

Retrouvez également une partie de son introduction :

Fondé sur l’observation de l’Institut national d’athlétisme (INA), au Maroc, ce texte étudie les conditions qui sous-tendent l’adhésion à la fonction de lièvre. Si ce centre d’entraînement (qui regroupe tous les meilleurs coureurs du territoire marocain) s’avère particulièrement propice pour un tel questionnement, c’est que ce rôle y est généralisé, certains stagiaires étant au service continu de leur leader dans le cadre de la préparation aux compétitions. Alors qu’accepter d’être lièvre lors d’une épreuve peut être vu comme une stratégie ponctuelle par laquelle un coureur de second rang monnaye beaucoup plus efficacement ses capacités sportives que s’il courait pour lui – à niveau égal, le lièvre est mieux rémunéré en compétition que celui qui court « pour sa peau » –, on doit se demander pourquoi et comment certains membres de l’INA s’installent durablement dans ce rôle.


Nous vous proposons de lire dans son intégralité Le « lièvre » en athlétisme ici.

 

Retrouvez la vidéo de la finale évoquée par l'auteur, lors des championnats du monde de Séville où Adil El Kaouch emmène Hicham El Guerrouj vers la victoire (en 3'27''65, record des championnats du monde).



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